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Prolifération d’apps de deepfakes sexuels sur l’App Store et Google Play

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Des applications pour créer des portraits d’animaux ou de coaching sportif cachaient des outils de création de deepfakes sexuels. Un réseau de plus de 400 domaines et apps, distribuées chez Apple et Google et promues sur les plateformes de Meta, a été identifié.

Un chat en chemise hawaïenne, un hamster en short de bain : à première vue, Viefur proposait simplement de dépenser quelques dollars pour transformer les photos de son animal en portraits générés par IA. Rien de très original, mais rien qui explique non plus sa présence dans une enquête sur les deepfakes sexuels.

Une même app, deux contenus

Car l’application avait d’autres fonctions, nettement moins présentables. Selon WIRED, elle pouvait afficher une interface permettant de produire des images et des vidéos sexuelles à partir de photos importées. Certains modèles proposés mettaient en scène des violences sexuelles.

Viefur faisait partie d’un réseau de plus de 400 domaines et applications. Pour se présenter sur les boutiques, ces services annonçaient des fonctions ordinaires : cours de langue, coaching sportif ou portraits d’animaux. Tout le monde ne voyait pas la même chose. L’application envoyait à un serveur plusieurs informations, dont la langue, la provenance de l’utilisateur et un identifiant unique. Le serveur choisissait ensuite d’afficher le service annoncé ou les outils sexuels dissimulés.

Les critères précis restent inconnus. Paul Bouchaud, chercheur chez AI Forensics, a toutefois identifié un déclencheur possible : télécharger l’application après avoir cliqué sur une publicité Facebook ou Instagram. Apple explique que les apps respectaient ses règles lors de leur examen. Leurs développeurs auraient ensuite modifié les sites dont elles affichaient le contenu.

La discrétion avait cependant ses limites. Dans le code, les chercheurs ont découvert une liste des autres services du réseau, avec notamment des clés de chiffrement et des outils de suivi publicitaire. En septembre, 27 apps étaient présentes sur Google Play. Elles cumulaient plus de 350.000 téléchargements. Plusieurs étaient même classées comme adaptées à tous les âges.

Pour trouver des utilisateurs, le réseau s’appuyait sur des dizaines de milliers de publicités diffusées chez Meta. Certaines montraient des contenus pédocriminels générés par IA, parfois à partir d’images d’enfants réels. Apple a retiré 19 applications, dont Viefur. Google avait déjà supprimé la majorité des apps concernées avant les questions du site, auxquelles il n’a pas répondu. Meta affirme avoir pris des mesures contre 11.600 comptes publicitaires et bloqué la promotion de 209 apps liées aux domaines signalés. Les suppressions sont donc nombreuses, mais des applications et publicités similaires continuaient d’être publiées.

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